VMware en 2026 : pourquoi "rester" n'est plus une décision passive
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L'exode VMware n'a pas eu lieu, mais le statu quo cache un coût croissant. Trois positions possibles en 2026 : rester, partir, hybrider. Comment décider en 90 jours.
Une enquête CloudBolt publiée en février 2026 sur 302 décideurs IT d'entreprises nord-américaines de plus de 1 000 employés est arrivée à une conclusion inattendue. L'exode massif des clients VMware annoncé depuis 2024 n'a pas eu lieu. Pas comme prévu. Le mouvement se fait, mais en repli calculé, pas en débandade.
La raison principale, selon les répondants, n'est pas le prix. C'est la complexité de la migration. Quitter VMware demande du temps, des compétences, et un partenaire technique sérieux. Beaucoup d'organisations renouvellent à reculons en attendant d'avoir bouclé le projet de migration, qui prend typiquement 12 à 24 mois pour les parcs significatifs.
Sauf que pendant ces 12 à 24 mois, la facture continue. Et que la décision "on reste pour l'instant" est devenue, en 2026, une décision active aux conséquences financières mesurables. Cet article propose un cadre pour décider en 90 jours, avec trois positions possibles et leurs coûts respectifs.
Ce que dit vraiment le marché en juillet 2026
Le CISPE, association de fournisseurs cloud européens (une cinquantaine de membres), documente via son observatoire ECCO des hausses de prix VMware allant de 800 à 1 500 % chez ses membres depuis l'acquisition par Broadcom, avec des multiplications par dix fréquentes. Le 19 mars 2026, le CISPE a déposé une plainte pour pratiques anticoncurrentielles auprès de la Commission européenne, notamment après l'arrêt du programme partenaire VCSP en Europe. Ces chiffres émanent des fournisseurs plaignants : ce sont des cas remontés, pas une moyenne de marché.
Dans le même temps, l'analyse Redress Compliance sur 30 à 40 renouvellements VMware post-acquisition montre que les premières offres Broadcom sortent à 2 à 5 fois le coût perpétuel d'origine, et que les négociations bien menées font redescendre à 1,3 à 2 fois. La marge de négociation existe, mais elle exige un audit précis des cœurs réels utilisés, une tenue ferme sur le plancher de 16 cœurs par CPU, et la présentation crédible d'une alternative.
Côté terrain, les cas remontés sont très dispersés. Des grands comptes évoquent des factures multipliées par dix ; pour les PME, les hausses au renouvellement se situent plus souvent dans une fourchette de quelques dizaines à quelques centaines de pour cent selon les configurations. L'enquête CloudBolt situe d'ailleurs la médiane des hausses subies entre 25 et 49 %, loin du scénario catastrophe annoncé en 2024. Autrement dit : votre cas se modélise, il ne se devine pas.
Trois positions possibles, trois coûts cachés
Position 1 · rester sur VMware, négocier dur
Conditions de pertinence : usage actif de NSX, vSAN ou des fonctionnalités avancées de l'écosystème ; expertise interne 100 % VMware sans marge de formation ; contraintes réglementaires sectorielles qui référencent explicitement la plateforme ; configuration de grande taille où la marge de négociation est plus importante.
Coût caché : la hausse annuelle moyenne observée sur les renouvellements 2025-2026 se situe entre 8 et 15 % au-delà du saut initial. Sur trois ans, cela représente une dérive budgétaire cumulée de 25 à 45 %. Le coût de l'inaction n'est pas le maintien des prix actuels, c'est leur progression continue.
Levier de négociation : auditer les cœurs réellement utilisés, tenir le minimum à 16 cœurs par CPU effectivement présents, séparer la ligne de support, et présenter un dossier de migration alternative crédible. Les buyers qui modélisent une migration de 20 % du parc vers Proxmox ou Nutanix obtiennent typiquement 15 à 30 % de remise sur l'offre initiale Broadcom.
Position 2 · migrer entièrement vers une alternative
Conditions de pertinence : configuration moyenne ou grande, usage limité de l'écosystème avancé VMware ; contraintes de souveraineté ou de conformité qui poussent vers l'open-source ; appétence de l'équipe IT pour la stack alternative ; budget de transition disponible (entre 30 000 et 90 000 euros pour une PME de 50 à 100 VM).
Coût caché : la migration coûte au moment où elle se fait. La productivité IT baisse pendant les deux à quatre mois de transition. Les outils tiers (monitoring, sauvegarde, sécurité) peuvent demander des reconfigurations. La courbe d'apprentissage des équipes est réelle.
Bénéfice : l'économie nette se matérialise typiquement entre 14 et 24 mois post-migration, avec un TCO sur 3 ans réduit de 40 à 65 % par rapport au maintien VMware. Au-delà du coût, l'autonomie stratégique retrouvée a une valeur que les Excel ne capturent pas.
Position 3 · l'hybridation pragmatique
Conditions de pertinence : configuration mixte avec des charges très spécifiques nécessitant VMware (compliance, intégrations applicatives, NSX critique) et d'autres charges qui peuvent partir ailleurs ; volonté de réduire l'exposition sans tout migrer ; équipe IT capable de gérer deux stacks en parallèle.
L'approche : conserver VMware sur le périmètre critique en négociant durement, et basculer les workloads moins sensibles (test, développement, charges secondaires) vers Proxmox, Hyper-V ou cloud public. Cela permet typiquement de réduire le nombre de cœurs sous licence VMware de 30 à 60 %, et donc le ticket de renouvellement dans des proportions équivalentes.
Coût caché : la complexité opérationnelle augmente. Deux stacks signifie deux jeux de compétences, deux processus d'exploitation, deux outillages. Mais sur une configuration moyenne (50 à 150 VM), c'est souvent le meilleur compromis court terme.
"Le coût de l'inaction n'est pas le maintien des prix actuels. C'est leur progression continue."
Le cadre de décision en 90 jours
Si votre renouvellement VMware approche dans les 6 à 12 mois, voici le cadre que nous appliquons avec les clients.
Jours 1 à 15, l'audit de la situation actuelle. Inventaire précis des hôtes, des cœurs physiques, des VM, des fonctionnalités VMware réellement utilisées. Récupération du devis de renouvellement actuel ou de la simulation Broadcom. Identification des intégrations tierces qui dépendent de VMware. Documentation de l'expertise interne disponible.
Jours 15 à 45, l'évaluation des trois positions. Modélisation chiffrée sur 3 ans pour chaque scénario : rester, migrer, hybrider. Inclusion des coûts cachés (productivité IT, outils tiers, formation, double exploitation). Identification des contraintes bloquantes (réglementaires, techniques, contractuelles).
Jours 45 à 75, la décision et le pré-engagement. Validation par la direction. Si la position retenue est "migrer" ou "hybrider", lancement du sourcing partenaire technique et des premiers POC sur 2 à 5 VM non critiques. Si la position est "rester", lancement de la négociation Broadcom avec dossier d'alternative crédible.
Jours 75 à 90, la formalisation. Signature du contrat retenu (renouvellement négocié ou contrat de migration), planification opérationnelle des 12 mois suivants, communication interne aux équipes concernées.
Les pièges à éviter dans la décision
Premier piège, attendre l'année du renouvellement pour décider. Une migration prend 12 à 24 mois. Si vous démarrez à 3 mois de l'échéance, vous renouvelez par défaut, à n'importe quel prix. La fenêtre de décision se situe 12 à 18 mois avant l'échéance, pas après.
Deuxième piège, comparer les coûts sans intégrer les coûts cachés. Le TCO d'une migration ne se limite pas aux licences. Il inclut la prestation, la formation, la productivité réduite pendant 2-4 mois, la double exploitation transitoire. Un calcul honnête intègre tout cela.
Troisième piège, négliger les contraintes bloquantes. Certaines certifications réglementaires (santé, défense) peuvent référencer VMware. Certaines applications métier ne sont supportées par l'éditeur que sur VMware. Vérifier avant de planifier.
Quatrième piège, sous-estimer la résistance interne. Les équipes IT qui ont 10 ans d'expertise VMware ne sont pas neutres dans le choix. Cela ne disqualifie pas leur avis, mais il faut en tenir compte dans la prise de décision et prévoir un parcours de montée en compétence si la stack change.
Pour conclure et avancer
"Rester sur VMware" en 2026 est une position légitime dans certains cas, mais ce n'est plus une non-décision. C'est un choix actif aux conséquences budgétaires connues. La bonne approche n'est pas idéologique (Proxmox bien, VMware mal), elle est analytique : modéliser, comparer, décider en connaissance de cause.
Chez SPMDIGITAL, nous accompagnons les trois positions selon le contexte client. Si vous voulez modéliser votre cas spécifique en 90 jours, contactez-nous.
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