Je vends des migrations vers Proxmox. Parlons de la facture de la deuxième année.
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Proxmox n'a pas de coût de licence. Ce n'est pas la même chose que gratuit. Les six postes qu'on découvre après la migration, et quand rester sur VMware.

🎯 L'essentiel
Proxmox VE n'a pas de coût de licence. Ce n'est pas la même chose que gratuit. Le secteur écrit depuis deux ans qu'il faut fuir les nouvelles conditions tarifaires de VMware, et c'est souvent vrai. Ce que presque personne n'écrit, c'est ce qu'on découvre la deuxième année.
L'économie sur les licences est réelle et souvent importante. Elle n'est pas le seul poste du calcul.
Six postes à intégrer : le projet de migration, le matériel, le stockage, la sauvegarde, le support, et la compétence qu'il faut maintenir quelque part.
Le piège le plus fréquent : dimensionner le nouveau matériel comme l'ancien. ZFS et Ceph ne se satisfont pas de n'importe quelle configuration.
Le point de blocage le plus coûteux n'est pas technique : c'est l'éditeur de votre logiciel métier qui ne certifie que VMware. Cet appel se passe avant, pas après.
Il existe des cas où rester est la bonne décision. Ils sont minoritaires, mais ils existent, et un prestataire honnête vous le dira.
📌 Pourquoi ce sujet maintenant
Ce blog a déjà publié le comparatif technique, le guide de migration et l'analyse de la décision de partir. Il manquait la suite : ce que coûte l'exploitation après. C'est la question que posent les dirigeants qui ont validé un budget de migration l'an dernier, et c'est celle sur laquelle le marché est le plus silencieux.
Autant poser le cadre : SPM Digital conçoit, déploie et exploite des infrastructures Proxmox VE. C'est une part importante de notre activité, et nous pensons que c'est aujourd'hui le meilleur choix pour la majorité des PME.
Ce qui suit va donc à l'encontre de notre intérêt commercial immédiat. C'est volontaire. Une migration mal cadrée revient toujours, et elle revient chez nous.
Ce qui est vrai dans le discours ambiant
Depuis le rachat de VMware par Broadcom, les licences perpétuelles ont disparu au profit d'abonnements, et les renouvellements arrivent à des niveaux très supérieurs aux anciens tarifs. Les écarts constatés et documentés par la presse spécialisée et les cabinets d'audit vont, selon les configurations, de plusieurs fois à plus de dix fois le coût précédent. Nous ne citons pas de multiplicateur unique, parce qu'il n'y en a pas : cela dépend du nombre de cœurs, des modules et du contrat.
Face à cela, Proxmox VE est mature, ouvert, sans coût de licence, et couvre le périmètre dont une PME a besoin : migration à chaud, sauvegarde intégrée, haute disponibilité, gestion centralisée.
Tout cela est exact. Et c'est là que la plupart des articles s'arrêtent.
ℹ️ La distinction qui structure tout le raisonnement
Sans coût de licence veut dire que vous ne payez pas le droit d'utiliser le logiciel.
Gratuit voudrait dire que l'ensemble ne coûte rien. Ce n'est le cas d'aucune infrastructure, quel que soit l'hyperviseur. Le coût s'est déplacé, il n'a pas disparu.

Les six postes de la deuxième année
1. Le projet de migration lui-même
Ce n'est pas un coût récurrent, mais c'est celui qu'on sous-estime le plus. Inventaire des machines, validation applicative, migration par lots, tests, période de coexistence des deux environnements. Sur un parc de PME, cela se compte en semaines, pas en week-end.
2. Le matériel, qui n'est pas le même
Le réflexe naturel est de réutiliser les serveurs existants. Parfois c'est possible. Souvent, non, et pour une raison précise : les modes de stockage qui font l'intérêt de Proxmox demandent des ressources. ZFS consomme de la mémoire vive, Ceph veut plusieurs nœuds et un réseau dédié entre eux.
Concrètement, une configuration qui suffisait avec un stockage partagé classique peut devenir insuffisante. C'est réparable, et c'est justement là que le matériel reconditionné devient intéressant : ajouter de la mémoire et des disques sur des serveurs Dell ou HPE de génération récente coûte une fraction d'un renouvellement complet.
3. Le stockage, et son dimensionnement
Un point technique expliqué simplement : ces systèmes conservent plusieurs copies de vos données pour résister à une panne de disque. La capacité utilisable est donc inférieure à la capacité achetée, dans une proportion qui dépend du niveau de protection choisi. Un dimensionnement fait sans en tenir compte se traduit par un disque plein six mois plus tard, ce qui est le pire moment.
4. La sauvegarde, qui n'est pas incluse dans le calcul
Proxmox intègre des mécanismes de sauvegarde, et Proxmox Backup Server les complète très bien pour vos machines virtuelles et vos conteneurs, avec déduplication et sauvegardes incrémentales. Mais il faut du matériel pour l'héberger, une copie hors du site, et surtout : Proxmox Backup Server ne couvre pas Microsoft 365. Ce n'est pas son périmètre.
Beaucoup de calculs d'économie oublient cette ligne, tout simplement parce qu'elle figurait ailleurs dans le budget précédent. Pour la messagerie et Microsoft 365, il faut une solution distincte, typiquement Veeam ou NAKIVO, complétée par ARX One quand une solution française est recherchée.
5. Le support, à décider explicitement
Proxmox propose des abonnements de support commercial, optionnels. Vous pouvez vous en passer. La question à trancher n'est pas celle du prix, c'est celle-ci : un mardi à 8 h, avec un cluster qui ne redémarre pas, qui appelez-vous ?
Si la réponse est un forum, c'est un choix, mais il faut l'assumer à l'avance et pas au moment de l'incident. C'est aussi ce que couvre un contrat d'infogérance.
6. La compétence, qui doit exister quelque part
C'est le poste le plus difficile à chiffrer et le plus déterminant. Proxmox n'est pas plus compliqué que vSphere, il est différent. Les habitudes de vingt ans ne se transposent pas, et une partie de l'administration passe par des mécanismes que les équipes doivent apprendre.
Deux options honnêtes : former quelqu'un en interne et lui donner du temps, ou externaliser l'exploitation. La troisième option, celle du technicien qui apprend dans l'urgence pendant un incident, est celle que nous voyons le plus souvent, et c'est la plus chère.
⚠️ Le blocage le plus coûteux n'est pas technique
C'est l'éditeur de votre logiciel métier. Certains ne certifient officiellement leur application que sur VMware, et refusent le support si elle tourne ailleurs.
Cet appel se passe avant la migration, jamais après. La question exacte à poser, par écrit : « supportez-vous votre application sur un hyperviseur KVM de type Proxmox VE ? » Beaucoup d'éditeurs ont discrètement mis à jour leur position ces deux dernières années. Certains non. Ce sont eux qui décident du calendrier, pas vous.
Les cas où rester est la bonne décision
Ils sont minoritaires. Ils existent.
Une application critique non supportée ailleurs, sans alternative et sans échéance de remplacement.
Un contrat en cours dont la sortie coûte plus cher que le maintien jusqu'au terme.
Une entreprise en pleine transformation, où ajouter un chantier d'infrastructure ferait un chantier de trop. Un décalage de douze mois est parfois la décision la plus rentable.
Un besoin très spécifique couvert par un module VMware sans équivalent direct.
Une solution intermédiaire existe d'ailleurs : garder un hôte sous licence pour la charge qui l'exige, et migrer tout le reste. Ce n'est pas élégant, c'est efficace.
✅ Ce que dit ce calcul, au bout du compte
Sur trois ans, dans la grande majorité des cas que nous rencontrons, l'écart reste largement en faveur de Proxmox, même en intégrant honnêtement les six postes ci-dessus.
La différence, c'est qu'un dirigeant qui a vu ces six lignes signe un projet dont il connaît le contour. Il n'a pas de mauvaise surprise au bout de dix-huit mois, et il ne se demande pas pourquoi la promesse du « gratuit » ne s'est pas réalisée.
🧭 Ce que nous faisons sur ce sujet
SPM Digital conçoit, déploie et exploite des environnements de virtualisation : Proxmox VE, VMware et Hyper-V. Côté sauvegarde, nous adaptons la solution au périmètre : Proxmox Backup Server pour les VM et conteneurs Proxmox, Veeam ou NAKIVO pour couvrir aussi la messagerie et Microsoft 365, ARX One pour une solution française, et Synology selon la taille de votre infrastructure.
Notre approche du conseil en migration souveraine commence par le chiffrage complet, y compris les postes ci-dessus, et par l'appel aux éditeurs métier. Quand rester est la bonne décision, nous le disons.
❓ Questions fréquentes
Proxmox VE est-il vraiment gratuit ?
Il est sans coût de licence, ce qui n'est pas la même chose. L'infrastructure garde des coûts : matériel, stockage, sauvegarde, support optionnel et compétence. L'économie sur les licences reste réelle et souvent importante.
Puis-je réutiliser mes serveurs VMware actuels ?
Souvent en partie. Le point de vigilance est le stockage : ZFS demande de la mémoire vive et Ceph demande plusieurs nœuds et un réseau dédié. Un ajout de mémoire et de disques sur du matériel récent, y compris reconditionné, suffit fréquemment.
Faut-il souscrire le support Proxmox ?
Ce n'est pas obligatoire. La bonne façon de trancher est de répondre à une question concrète : un mardi matin, avec un cluster qui ne redémarre pas, qui appelez-vous ? Un contrat d'infogérance répond aussi à cette question.
Mon logiciel métier va-t-il fonctionner ?
Techniquement, presque toujours. La vraie question est celle du support de l'éditeur, à obtenir par écrit avant la migration. C'est le point de blocage le plus coûteux quand il est découvert trop tard.
Sources & Références
Documentation officielle Proxmox VE et Proxmox Backup Server.
Communications Broadcom sur la structure des licences VMware, 2024 à 2026, et analyses publiées par la presse spécialisée et les cabinets d'audit.
Recommandations matérielles publiées pour ZFS et Ceph.
Retours terrain SPM Digital sur les migrations et l'exploitation d'infrastructures Proxmox chez nos clients.

Rédigé par Sylvain Sarazin
Expert IT pour PME en Île-de-France · virtualisation, sécurité, infogérance.
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