AWS a reconnu qu'il ne pourrait pas rendre l'accès à certaines données. Où est votre copie ?
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Septembre 2026 : un câble débranché chez Google, une nuit dégradée sur Azure, des données inaccessibles chez AWS. Ce que ça dit de votre sauvegarde.

🎯 L'essentiel
Stocker ses données dans le cloud ne revient pas à les sauvegarder. Septembre 2026 en a fourni trois illustrations, dont une où un fournisseur a reconnu qu'il ne pourrait pas restituer certaines données hébergées dans une seule zone.
AWS a indiqué le 15 septembre ne pas pouvoir restaurer l'accès aux données hébergées exclusivement dans une zone du Moyen-Orient endommagée en mars. La plupart des clients ont repris ailleurs en restaurant des sauvegardes ou des copies.
Google Cloud : le 1er septembre, une zone est restée indisponible plus de quatre heures après une déconnexion accidentelle de câbles pendant une maintenance.
Azure : dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre, des passerelles réseau ont été dégradées dans 18 régions, dont la France.
Réplication ≠ sauvegarde. Une réplique recopie aussi les suppressions, les erreurs et les chiffrements.
Cinq vérifications : où sont mes données, ai-je une copie indépendante, l'ai-je restaurée ailleurs, dans quel ordre repartons-nous, que dit mon contrat.
📌 Pourquoi ce sujet maintenant
Ces trois incidents tombent en quatre semaines et touchent les trois plus grands fournisseurs. Le sujet est dans la presse spécialisée comme chez les dirigeants qui se demandent ce que leur contrat d'hébergement garantit vraiment. Périmètre de cet article : ce que vous hébergez chez un fournisseur cloud (serveurs virtuels, bases de données, stockage). Microsoft 365 et ses données de messagerie sont un cas à part, avec leurs propres règles de responsabilité, que nous avons détaillées dans notre article sur la sauvegarde Microsoft 365.
Septembre 2026 aura offert un cours accéléré sur ce que le cloud est, et n'est pas. Un câble débranché par erreur chez Google. Une nuit de connexions dégradées dans dix-huit régions d'Azure. Et une phrase d'AWS qui mériterait d'être affichée dans tous les bureaux de DSI.
Ce qui s'est passé
ℹ️ Trois incidents, trois causes différentes
Google Cloud, 1er septembre. La zone us-central1-b est restée dégradée ou injoignable pendant plus de quatre heures. Google indique que l'événement a été déclenché par la déconnexion physique accidentelle de câbles optiques pendant une opération de maintenance de routine.
Azure, nuit du 30 septembre au 1er octobre. Des passerelles réseau (VPN, ExpressRoute, pare-feu) ont été dégradées dans dix-huit régions, dont la France, entre environ 22 h 30 et 5 h 30, heure de Paris. Microsoft évoque dans une première analyse une corrélation avec de la maintenance d'infrastructure et indique que l'indisponibilité totale est restée exceptionnelle.
AWS, mise à jour du 15 septembre. Depuis mars, une zone de disponibilité au Moyen-Orient a été endommagée, avec des frappes de drones signalées, une coupure d'alimentation et des dégâts des eaux liés à l'extinction. AWS a indiqué ne pas pouvoir restaurer l'accès aux ressources et aux données hébergées exclusivement dans cette zone. Elle précise que la plupart des clients ont pu relancer leur activité dans d'autres régions en restaurant des sauvegardes ou en copiant des données restées accessibles.
Le mot le plus important : « exclusivement »
Deux définitions, sans raccourci. Chez les grands fournisseurs, une région est un ensemble géographique qui regroupe plusieurs zones de disponibilité. Chaque zone correspond à un ou plusieurs centres de données, conçus pour être isolés des autres zones de la région : alimentation, refroidissement et réseau séparés. Un service peut être réparti sur plusieurs zones, voire plusieurs régions, pour résister à la défaillance de l'une d'elles. Mais cette répartition se configure : elle n'est pas toujours appliquée par défaut, et elle a un coût.
Les clients dont les données étaient hébergées exclusivement dans cette zone dépendaient d'elle seule. AWS indique que la plupart des clients ont pu repartir en restaurant des sauvegardes ou en copiant des données restées accessibles. On peut le résumer d'une formule, à lire comme une formule et non comme un constat chiffré : ceux qui avaient une copie ailleurs avaient un plan. Les autres avaient un cloud.
Le faux sentiment de sécurité : « c'est répliqué »
C'est vrai, et ce n'est pas une sauvegarde. Une réplication a pour but de maintenir un service en marche quand un composant tombe. Elle ne vous protège pas de ce que vous faites vous-même, ni de ce qu'un attaquant fait avec vos accès :
un dossier supprimé est supprimé partout, presque immédiatement ;
un fichier chiffré par un rançongiciel est chiffré dans toutes les copies synchronisées ;
une copie dans le même compte, la même région et chez le même fournisseur subit le même incident, ou le même piratage de compte.
Le cloud, c'est l'ordinateur de quelqu'un d'autre. Parfois, quelqu'un débranche un câble.
Dernier point à lire dans votre contrat, avant l'incident plutôt que pendant : un engagement de disponibilité se traduit en général par des crédits de service, pas par la restitution de vos données. À vérifier chez votre fournisseur.
Ce que ça change pour l'activité
Quatre heures d'indisponibilité, c'est une demi-journée de collaborateurs bloqués et de clients non servis. Une nuit dégradée passe presque inaperçue, jusqu'au jour où la même panne tombe à 10 h un mardi. Et une perte de données ne se rattrape pas : c'est la seule des trois situations qui ne se règle ni par patience ni par un avoir.
Cinq vérifications, dans l'ordre
1. Savoir où sont vos données
Une ligne par service : la région, la zone si vous la connaissez, le compte. La plupart des entreprises découvrent à cette étape qu'elles ne savent pas répondre.
2. Avoir une copie indépendante
Dans un autre compte, une autre région, chez un autre fournisseur ou sur une infrastructure que vous maîtrisez. C'est le principe de la règle 3-2-1-1-0 : plusieurs copies, sur des supports différents, dont une hors site et une non modifiable.
3. Restaurer ailleurs, pas seulement au même endroit
Une restauration réussie dans l'environnement qui est tombé ne prouve rien. Le test utile se fait dans une autre région ou sur une autre infrastructure, et se chronomètre : c'est ce chronomètre qui dit si vos délais de reprise sont tenables. Pour aller plus loin sur la protection des copies elles-mêmes, voir ce qui résiste vraiment à un rançongiciel.
4. Connaître l'ordre de reprise
Quand tout repart d'un coup, rien ne repart. Quelles trois activités redémarrent en premier, et dans quel ordre leurs dépendances ? C'est le cœur d'un plan de reprise, dont nous avons rappelé la logique dans notre article PRA contre PCA.
5. Relire son contrat
Disponibilité promise, crédits prévus, périmètre de responsabilité, durée de conservation des sauvegardes éventuellement incluses. Cinq minutes de lecture, une fois.

✅ Cloud, interne, hybride : la même question
Cet article ne dit pas qu'il faut quitter le cloud. Il dit que la question n'est pas où vous hébergez, mais ailleurs : avez-vous une copie ailleurs, et savez-vous la restaurer ? Elle se pose de la même façon pour un serveur dans vos locaux. On ne peut pas empêcher tous les incidents. On peut éviter d'improviser quand ils surviennent.
🧭 Ce que nous faisons sur ce sujet
SPM Digital met en place la sauvegarde indépendante de votre fournisseur, sur des infrastructures hybrides et multi-technologies. Nous choisissons la solution selon le périmètre à protéger : Veeam, NAKIVO, ARX One lorsqu'une solution française est recherchée, Synology selon la taille et les besoins, et Proxmox Backup Server pour les machines virtuelles et conteneurs Proxmox. Ces solutions n'ont pas le même périmètre : elles ne s'opposent pas, nous les assemblons.
Nous pouvons aussi héberger une copie ou un site de secours sur une infrastructure maîtrisée, et nous validons chaque dispositif par une restauration réelle, chronométrée.
❓ Questions fréquentes
Le cloud sauvegarde-t-il automatiquement mes données ?
Il les héberge et peut les répliquer pour résister à une panne de matériel. Une réplication n'est pas une sauvegarde : elle recopie aussi les suppressions et les erreurs. La sauvegarde indépendante est en général à votre charge, à vérifier dans les conditions de votre fournisseur.
Que veut dire « zone de disponibilité » ?
Un ou plusieurs centres de données, isolés des autres zones de la même région. Une région regroupe plusieurs zones. Une donnée hébergée exclusivement dans une zone dépend de la disponibilité de cette zone.
Faut-il quitter le cloud à cause de ces pannes ?
Non. Le sujet n'est pas où vous hébergez, mais si vous avez une copie ailleurs et si vous savez la restaurer. Cloud, infrastructure interne ou hybride : la question est la même.
À quelle fréquence tester sa restauration ?
Au moins une fois par an pour un scénario complet, plus souvent pour les services critiques, et après chaque changement important d'architecture. Le test doit être chronométré.
Sources & Références
Cloud Database Report, « AWS, Google Cloud, and Microsoft Cloud Outages Show How Anything Can, and Will, Go Wrong », 28 septembre 2026 : lire l'article.
Reuters, mise à jour AWS du 15 septembre 2026 sur la zone du Moyen-Orient : lire la dépêche.
Google Cloud, incident de la zone us-central1-b du 1er septembre 2026 : page d'état.
ITdaily, « Une panne Azure frappe 18 régions, dont l'Europe » : lire l'article.

Rédigé par Sylvain Sarazin
J’aide les entreprises et collectivités à repartir vite après un incident informatique.
Artisan de la résilience IT
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